L’Auberge volante (1)

Image-4-copie-8.png

 

 

En 1914, G.K. Chesterton publie un nouveau roman, The Flying inn (L’Auberge volante), dont l’action se situe en Angleterre et qui oppose une
résistance  à
l’envahisseur islamique qui occupe l’Angleterre. Cette résistance prend la forme de la défense des
auberges et de la vie sociale autour des pubs  contre le puritanisme moderno-islamique.

Il s’agit de l’un des ouvrages préférés de l’auteur, qui a donné beaucoup de lui-même dans ce roman fantastique. Chesterton a commencé l’écriture de cet ouvrage
après le procès intenté à son frère Cecil dans le cadre du scandale Marconi, ce qui explique également nombre de saillies contre le monde capitaliste, les politiciens corrompus, les journalistes
vendus, les hygiénistes, etc. Chesterton, fidèle à sa vision politique fondamentale, entend montrer que le citoyen ordinaire, l’homme commun, peut être le véritable défenseur des libertés
fondamentales.

Faut-il résumer le livre ? Ce n’est jamais aisé avec les romans de Chesterton. Dans The Flying inn, le jeune héros, Patrick Dalroy rentre en
Angleterre après une campagne contre les Turcs. Il découvre que dans son Comté, l’autorité politique, sous influence islamique, interdit désormais l’ouverture des auberges et la consommation de
boissons alcoolisées. La suite ? L’entrée en résistance en mettant au point un système d’auberge mobile, la défense, bien sûr, de la dive bouteille, mais au-delà, de la chaleur de ce lieu
social qu’est un pub, une auberge, où se retrouvent des hommes ordinaires pour discuter des choses ordinaires mais essentielles concernant la vie des hommes.

The Flying inn est le cinquième roman de Chesterton et il paraît chez Methuen le 22 janvier 1914 et il est dédié à Hugh Rivière. Celui-ci avait hébergé
l’écrivain lors d’une hospitalisation de sa femme Frances et il était l’auteur d’un portrait à l’huile de Chesterton.

Ce roman est composé de 25 chapitres et a la particularité de contenir quinze poèmes ou chansons, parus précédemment (mais dans un ordre différent) dans le New
Witness
et recueillis ensuite dans deux recueils, là aussi dans un ordre différent.

 

 

Image-5-copie-9.png

 

 

 

 

 

Une lecture rapide et contemporaine du roman ferait croire à une mise en garde contre le seul péril musulman. Cet aspect est bien présent dans le roman comme l’est
par ailleurs la dénonciation de la prohibition (à l’automne 1914, l’heure d’ouverture des pubs sera diminuée en Angleterre par une loi). Mais la cible principale de Chesterton, c’est encore une
fois l’aristocratie anglaise pervertie et qui est personnifiée ici par Lord Ivywood. Chesterton, de manière vraiment facile, en a fait le représentant de l’ensemble des maux dont souffre la
société anglaise de son temps : le grand gouvernement, les grandes entreprises, la modernité dans l’art, la philosophie et dans la conception de l’amour (à laquelle l’auteur oppose l’amour
courtois car The Flying inn est une nouvelle fois un roman d’amour), mais aussi le chantre de l’abandon de la religion chrétienne au profit d’une religion orientale.



Image-9-copie-1.png

 

Pour comprendre ce roman, il faut bien avoir à l’esprit que Chesterton fut marqué à vie par le scandale Marconi et par les conséquences qu’il eut dans la vie de son
frère Cecil Chesterton (portrait), alors directeur de The New Witness, journal qui mena une forte polémique contre les membres du gouvernement mis en cause dans le cadre du
scandale.

Gilbert avait une profonde vénération pour son cadet et fut scandalisé par la condamnation qui le toucha à la suite de l’affaire Marconi. Il y eut pour lui un avant
et un après Marconi, au même titre que d’autres connurent une avant et une après guerre (nous reviendrons bientôt sur Chesterton et l’Affaire Marconi). Pour la petite histoire, Cecil précéda son
frère dans la conversion au catholicisme et sorte de Patrick Dalroy il fut un des membres de l’Anti-Puritan League fondée en 1890 [association à laquelle appartint aussi Gilbert, lequel
composera La Ballade d’un anti-puritain (1915)].

 

 

À suivre…

3 réflexions sur « L’Auberge volante (1) »

  1. Merci de cette mise en bouche sur ce grand roman faussement simple de GKC! J’attends la suite avec impatience (et je vais parcourir le blog pour en savoir plus sur cette affaire Marconi, dont
    j’ignorais l’importance pour la formation des idées de Chesterton).

  2. Et merci de la réaction rapide à la réaction rapide! Ça me rassure un peu de savoir qu’il n’y avait rien sur le blog à propos de l’affaire Marconi: j’avais l’impression de suivre assez bien la
    publication des articles, et j’étais inquiet d’avoir loupé cela…

  3. Quelle est cette affaire Marconi ?

    Globalement, en lisant le livre l’Auberge  volante, on se rend compte qu’il y a beaucoup de références par derrière (dont cette affaire Marconi). Mais hélas, une certaine édition que je
    possède n’a aucune annotation ou explication permettant une meilleure intelligence du livre.
    Dommage.

Les commentaires sont fermés.