Connaissez-vous Leonard Wibberley ?

Un des lecteurs de ce blogue a attiré récemment notre attention sur l’écrivain Leonard Wibberley, peu connu en France et qui ne manque pas de ressemblance avec G.K. Chesterton. À notre demande, il a bien voulu écrire un texte de présentation de cet écrivain, texte que nous sommes heureux de publier ci-dessous. 

Leonard Patrick O’Connor Wibberley naquit à Dublin en Irlande le 9 avril 1915. Son père, Thomas Wibberley, professeur d’agronomie, enseignait à l’University College de Cork ; il commit plusieurs ouvrages qui défendaient l’idée d’un Royaume-Uni auto-suffisant et ce, sans l’Empire. Lorsqu’il mourut en 1932, le jeune Leonard Wibberley dut abandonner ses études et travailler. Il fit de nombreux petits métiers de rue et débuta une carrière de journaliste après une courte période dans une maison d’édition. Il travailla au Sunday Dispatch puis au Daily Mirror et devint rédacteur en chef dans un journal à la Trinité-et-Tobago, alors colonie anglaise. En 1943 il devint correspondant de guerre aux États-Unis pour le compte des Evening News de Londres ainsi que rédacteur à l’Associated Press de New-York.

Une fois la guerre terminée, il voyage avant de revenir s’installer définitivement en Californie en 1947. Il trouve un emploi comme journaliste au Los Angeles Times et s’attelle à l’écriture ; son premier roman paraît en 1952 (La Barbe du Roi).

Il devint célèbre en 1955 avec la parution de La Souris qui rugissait (The Mouse that roared) qui fut adapté au cinéma en 1959 avec Peter Sellers dans les rôles principaux (il joua trois personnages des plus dissemblables). Le succès de cette première Souris donna lieu à trois suites (The Mouse on the Moon, The Mouse on Wall Street et The Mouse that Saved the West) ainsi qu’une chronique médiévale (Beware of the Mouse). Débuta aussi à la fin des années 50, une série pour enfants narrant les déboires d’un soldat anglais en lutte contre les insurges américains (John Treegate, série de six livres) ; Wibberley fut un écrivain pour enfant des plus prolifique publiant sous pseudonyme (Patrick O’Connor). En 1959, sous le masque de Léonard Holton (il usa du nom de jeune fille de sa femme), il commença à narrer les aventures policières d’un moine franciscain de Los Angeles, Father Joseph Bredder. La première des aventures The Saint Maker porta d’ailleurs en sous-titre « In the tradition of G. K. Chesterton’s Father Brown, a superb mystery thriller » ce qui est à la fois un hommage filial et une bonne introduction à l’esprit de cette série.

Il ne se contenta pas d’une carrière littéraire et fut également un animateur de radio réputé pour les nombreuses pièces radiophoniques qu’il y joua. Ses talents multiples et son ardeur de polygraphe firent qu’il écrivit plus de cent livres. Si Chesterton bénéficia de solides relais en France comme Paul Claudel, Wibberley ne vit son oeuvre que faiblement traduite. Les Editions Fasquelles traduisirent plusieurs de ses oeuvres au cours des années cinquante (La Souris qui rugissait en 1955, Feu l’Indien de Madame en 1957, Mc Gillicuddy Mc Gotham en 1958, Passez-moi le président en 1958, Prenez garde à la souris en 1959, Vers une île lointaine en 1960) et les Presses de la Cité firent paraître en 1971 une traduction de Le Dernier Safari.

Il mourut le 22 novembre 1983 d’une crise cardiaque. Ses enfants déposèrent selon ses dernières volontés la totalité de ses papiers aux Archives de Californie.

Thomas Delannoy

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