Chesterton selon Simon Leys

Le site Internet de L’Express, en lien avec le magazine Lire, publie sur son site une bonne partie du chapitre que Simon Leys consacre à Chesterton dans son dernier livre paru, Le Studio de l’inutilité (Flammarion). Ce texte de Simon Leys participe à la redécouverte de Chesterton, à laquelle nous assistons aujourd’hui, de la part de plusieurs écrivains, journalistes et philosophes contemporains, souvent confrontés à des perspectives très différentes.

En introduction de sa publication du chapitre de Simon Leys, L’Express apporte cette précision :

L’écrivain consacre un chapitre à l’écrivain anglais G.K. Chesterton. Le seul inédit du livre, Simon Leys n’en ayant fait qu’une communication orale à la Chesterton Society, en 1997.

Il n’est pas question de reproduire sur ce blogue l’intégralité de cet article. On ira le lire intégralement ICI sur le site de L’Express. En voici juste un court extrait :

On conserve beaucoup de malentendus au sujet de Chesterton. L’un d’eux le peint sous les traits d’un grand bonhomme aimable et jovial, animé en permanence d’un rire innocent -un homme qui semblerait avoir passé sa vie entière dans une bienheureuse ignorance des noirs aspects de notre commune condition, un homme solidement et sereinement ancré dans des certitudes ensoleillées, un homme auquel nos quotidiennes angoisses, nos doutes et nos peurs auraient été épargnés; un homme d’un autre âge peut-être, et qui n’aurait guère pu pressentir les terreurs et les horreurs de notre époque. A la fin du hideux XXe siècle qui fut peut-être la période la plus féroce et la plus inhumaine de toute l’Histoire, et au commencement du XXIe qui ne s’annonce guère mieux, nous pouvons bien nous demander si, avec sa bonne humeur constante et invincible, Chesterton n’est pas une sorte de monument d’un autre temps, voire même d’une autre civilisation. Ne devrait-il pas apparaître aux yeux du lecteur moderne comme un anachronisme, certes plaisant, mais qui n’a plus rien à nous dire? Car, après tout, ne sommes-nous pas les enfants de Kafka? Et comment donc Chesterton pourrait-il répondre à nos angoisses?

Or le fait est cependant là: Kafka lui-même, précisément, trouva en Chesterton un miroir reflétant sa propre inquiétude.

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