1926 : L’Église catholique et la conversion

Nous avons déjà évoqué cet ouvrage lors de la parution de la dernière traduction française qui en a été faite. C’est en 1926 que The Catholic Church and The Conversion paraît, quatre ans après l’entrée de Chesterton dans l’Église catholique. Le livre est revêtu de l’imprimatur et l’exemplaire de l’édition américaine que nous avons l’indique également :

Nihil Obstat: Arthur J. Scanlan, S.T.D.
Censor Librorum.
Imprimatur: Patrick Cardinal Hayes
+Archbishop, New York.
New York, September 16, 1926.

L’ouvrage a paru chez en Angleterre chez Burns, Oates & Washbourne et aux États-Unis chez MacMillan Company. Il ‘agit d’un livre relativement court (moins de cent pages) qui contient six chapitres :

I. INTRODUCTORY:  A NEW RELIGION

II.  THE OBVIOUS BLUNDERS

III.  THE REAL OBSTACLES

IV.  THE WORLD INSIDE OUT

V. THE EXCEPTION PROVES THE RULE

VI.  A NOTE ON PRESENT PROSPECTS

Dans ce livre, et contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire, Chesterton ne propose pas d’abord le récit de sa conversion – il restera assez discret sur ce sujet, même dans son autobiographie qui comporte pourtant de belles pages sur le thème –, mais il présente les différents états par lesquels passe le converti avant d’adhérer au catholicisme.

Il s’agit donc plus d’une étude, ou d’un essai sur le phénomène de la conversion, que du témoignage d’un converti. Chesterton s’est intéressé à la question dans une perspective apologétique et l’on doit replacer ce livre dans son contexte historique et culturel, bien qu’il comporte plusieurs aspects qui ont conservé leur valeur aujourd’hui.

Ce contexte historique, c’est celui du catholicisme d’avant la Seconde Guerre mondiale, plus précisément du catholicisme anglais, minoritaire, et plongé dans un monde protestant, déjà bien écorné par le relativisme.

Chesterton plaide dans cet livre en faveur des convertis qui entreprennent une démarche difficile afin que l’on sache les recevoir et prendre en compte ce qu’ils sont. Dans un essai paru plus tard, intitulé « La raison pour laquelle je suis devenu catholique », il expliquera :

La difficulté que j’ai à expliquer pourquoi je suis catholique tient essentiellement à ce qu’il y a mille raisons pour expliquer ce fait, qui toutes se résolvent en une seule, qui est que le catholicisme est la vérité. Je pourrais énumérer une série de phrases commençant toutes par ces mots : « C’est la seule religion qui… » Je pourrais dire, par exemple

1– C’est la seule religion qui empêche qu’un péché soit un secret ;

2– C’est la seule religion dans laquelle un supérieur ne peut être supérieur dans le sens où il pourrait se targuer de sa supériorité ;

3– C’est la seule religion qui affranchit un homme de la servitude dégradante d’être un enfant de son temps ;

4– C’est la seule religion qui parle avec l’autorité de la vérité ; comme un messager qui refuserait d’édulcorer ou de falsifier le message dont il est chargée ;

5– C’est le seul type de christianisme qui contient véritablement tous les types humains, y compris celui de l’homme respectable ;

6– C’est la seule religion qui se propose de changer le monde de l’intérieur, non par des lois, mais par un engagement volontaire et personnel ;

Etc.

À suivre…

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