Chesterton dans la presse…

Le journaliste Jean Mercier

Dans l’actualité récente touchant à Chesterton, signalons (avec retard) la parution dans l’hebdomadaire La Vie d’un grand article de Jean Mercier sur GKC (4 octobre 2013). Nous avions pu rencontrer le journaliste lors de la préparation de son article et lui confier quelques livres de notre écrivain. Sous le titre « Faut-il béatifier G.K. Chesterton ? », Jean Mercier donne un aperçu général sur l’homme et son œuvre et s’interroge justement sur la question d’une possible béatification. Il est évidemment impossible de partager l’avis de la journaliste britannique Melanie Mc­Donagh, citée dans cet article, qui attribue à Chesterton des propos « antisionistes ». Bien au contraire, comme le montre son livre La Nouvelle Jérusalem, Chesterton était favorable à un État juif pour la bonne raison qu’il estimait que l’on ne pouvait pas être fidèle à deux patries à la fois. D’où, au contraire, son penchant pour le sionisme qui est fondamentalement un nationalisme.

On trouve encore sur Internet ce bel article de Jean Mercier (voir aussi son blog). En voici juste un extrait :

Chesterton devint un champion de l’orthodoxie dogmatique. Son livre ­Orthodoxie, publié en 1908, quand il a 34 ans, est un best-seller. Loin d’une ­apologie sentencieuse, Chesterton y décrit, à travers un ­témoignage plein d’anecdotes et d’humour, le chemin intellectuel qui l’a conduit du doute vers cette ­conviction inébranlable : « Toutes les philosophies modernes sont des chaînes qui attachent et entravent ; le christianisme est une épée qui sépare et libère. »

Il y raconte qu’il a été attiré par le christianisme parce que celui-ci était attaqué pour des raisons contradictoires. On fustige les chrétiens comme fauteurs de guerre et aussi comme des lâches ? On dénonce leur militantisme en faveur de la famille, mais aussi leur promotion du célibat religieux ? Notre bretteur s’amuse : « Le christianisme non seulement admettait les vices les plus ardents, mais il avait apparemment le don mystique d’associer des vices qui semblaient incompatibles. » Chesterton défend le christianisme comme la seule force garante du progrès et de la justice, de la liberté et de l’innovation, à rebours des idéologies à la mode. « Les hommes qui se mettent à combattre l’Église au nom de la liberté et de l’humanité finissent par liquider liberté et humanité pourvu qu’ils puissent combattre l’Église. »

La passion pour l’orthodoxie, dont Chesterton reconnaît le danger, car elle peut conduire au fanatisme, est ce qui empêche le christianisme de s’affaisser dans la facilité et de dégénérer dans l’insignifiance. Il décrit le péché originel, très décrié à l’époque, comme étant à la base de la démocratie. « Aucun christianisme, fût-ce le plus ignorant ou le plus obtus, n’a jamais insinué qu’un baron était meilleur que le boucher. » Quant au catholicisme, Chesterton le voit comme ce qui a maintenu le principe de plaisir. « L’enceinte extérieure du christianisme est une garde rigide d’abnégations éthiques et de prêtres professionnels, mais à l’intérieur de cette enceinte inhumaine, vous trouverez la vie humaine de toujours, dansant comme les enfants et buvant du vin comme les hommes, car le christianisme est le seul cadre adapté à la liberté païenne. »

Histoire du Christianisme magazine (n° 69, novembre-décembre 2013 – merci au lecteur qui nous a signalé cet article) publie deux pages consacrées à Chesterton sous la signature d’Irène Fernandez.

Spécialiste de C.S. Lewis, auquel elle a consacré sa thèse, auteur également de livres sur Tolkien, Irène Fernandez évoque également Chesterton à l’occasion d’une possible béatification. Elle écrit que bien avant 1922, année où il rejoint officiellement le catholicisme :

« son œuvre témoignait déjà avec éclat de la vérité de la vision chrétienne des choses. (…) cette œuvre exprime l’émerveillement devant le monde, un émerveillement qui ne vise pas la surface des choses, mais leur être, leur glorieuse existence ».

Irène Fernandez termine son article en citant Kafka, à propos de l’auteur du roman Le Nommé Jeudi :

« “Je ne sais pas qui c’est”, mais “il a l’air si heureux qu’on croirait presque qu’il a trouvé Dieu” ».

De fait, Chesterton avait Dieu. Ce fut la grande nouvelle de sa vie.

(Histoire du christianisme magazine est disponible en kiosque).

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