Chesterton face à l’État islamique…

L’actualité a remis de façon tragique sous nos yeux la réalité de l’islam conquérant et des morts qui accompagnent sa progression. Essentiellement religion de soumission, en raison même de sa conception de l’unicité de Dieu, la conquête l’islamique de notre temps, et son installation en Occident, ont été annoncées et décortiquées par Chesterton bien avant la Première Guerre mondiale, non seulement dans son roman prophétique L’Auberge volante (1914), mais dans bien des textes antérieurs dont ces fameux livres Hérétiques (1905) et Orthodoxie (1908).

On nous pardonnera donc d’insister sur l’actualité du petit livre qui constitue le premier volume de la collection des Amis de Chesterton aux éditions Via Romana et qui est paru avant l’été sous le titre Chesterton face à l’islam (178 pages, 13 €).

Outre les articles parus dans la presse (celui de Valeurs actuelles notamment), on peut lire une présentation de ce livre sur le site France-renaissance (ici). En voici juste un court extrait :

Le chef-d’œuvre de Chesterton à propos de l’islam, c’est un roman (le cinquième de sa belle carrière) fort étrange intitulé L’Auberge volante. Il n’hésite pas à mettre en scène, dès 1914, une Angleterre libérale prohibitionniste sur bien des points (exemple : l’alcool) collaborant pour cela avec les forces de l’islam. D’où ce mot d’ « auberge », lieu de boisson, donc de résistance à ces politiques décharnées. Si cette intrigue pouvait sembler simplement loufoque au lecteur subissant la Grande Guerre, sa perception doit être bien différente aujourd’hui : « relu des décennies plus tard, L’Auberge volante va trouver un nouvel intérêt, par ses aspects prémonitoires que ne peuvent s’empêcher de voir ceux qui vivent désormais dans une Europe traversée par un important flux migratoire, constitué en grande partie de populations de confession musulmane et devant lesquelles les responsables politiques semblent paralysés voire complices » (p. 27-28). En bref, « L’Auberge volante annonce une tentative de soumission de l’Angleterre à l’islam » (p. 29). À l’époque, de la science-fiction. Aujourd’hui, une possibilité. Demain, une réalité ?

La trame de ce roman, largement décrite dans le deuxième chapitre de Philippe Maxence, permet à Chesterton de montrer en quoi ce qui n’est pas catholique (pour faire simple, même s’il n’est pas encore « romain » à ce moment) sait s’allier, ne serait-ce qu’objectivement, contre le christianisme et la vraie vie (ce qui ne fait qu’un) : « la résistance qui s’organise s’incarne alors dans la défense des auberges et de la vie sociale suscitée par l’ambiance des pubs contre l’alliance du puritanisme moderne et de l’islam » (p. 34). Toutes les erreurs modernes et révolutionnaires, quels que soient leurs noms, vont toujours dans un sel et même sens, qui est celui de la lutte contre le christianisme : « outre sa dénonciation de l’islam, le roman de Chesterton regorge également de saillies contre le monde capitaliste, les politiciens corrompus, les journalistes vendus, les financiers véreux et les hygiénistes, précurseurs d’une certaine écologie politique qui entend réaliser la santé des peuples au détriment de leur liberté, si besoin est » (p. 35). Rien de nouveau sous le soleil. C’est une belle mise en garde contre les périls qui nous guettent. « Sa cible dans L’Auberge volante n’est pas seulement la religion de Mahomet, mais, plus globalement, la démission des élites, la trahison et l’abandon des traditions nationales, la folie du libéralisme, capable de vendre un pays à l’une des plus graves menaces qui soit, l’islam. Pour Chesterton, la menace capitaliste et la menace islamique vont de pair ; ils ont des intérêts communs » (p. 45). En effet, « la menace orientale ne peut être dissociée à ses yeux de la démission occidentale ». S’il y a dans ces dires une part de projection de Philippe Maxence, ils sont en majorité largement issus des écrits de Chesterton. En témoigne la deuxième partie de l’ouvrage que nous critiquons, recueil de citations (formant comme autant d’illustrations) sur lesquelles nous ne nous attarderons pas.

Voir aussi : ici

1 réflexion sur « Chesterton face à l’État islamique… »

  1. Il y a un malentendu ici.

    À l’époque, la soumission de l’Angleterre et de la Prussie s’opérait sur d’autres axes que de nos jours, mais était bien réelle.

    Le Kantianisme et le Hégélianisme reprennent des thèmes à Avicenne et le Darwinisme à Ibn Khaldoun. L’élite avait l’habitude, de certains coins, pas les plus éloignés du pouvoir, de considérer l’Islam des Falsafa comme plus progressiste que le Christianisme Catholique di Moyen Âge. C’est dans ces époques là qu’on a vu des tentatives de prohibitionnisme, et aux États-Unis il y en a eu. Le père de Kennedy était bootlegger – un collègue des héros de l’auberge volant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *