La modernité du hareng selon Chesterton (aphorisme de Chesterton, 344)

Le hareng donne, dit-on, des milliers d’œufs par jour. Bien qu’il reste insensible à la théorie de la naissance contrôlée, le hareng est, aux autres points de vue, essentiellement moderne. Le hareng femelle n’a nul besoin de garder souvenir de ses enfants et même de son mâle. Les devoirs d’un jeune hareng, au seuil de la vie, sont très simples et essentiellement instinctifs. Ils sont, tout comme une religion moderne, spontanés. Point n’est besoin d’apprendre au hareng à prendre un bain ; sa vie n’est qu’un bain éternel. Inutile de le force à retirer son chapeau devant les dames, ni de déguiser par quelqu’artifice puritain la grâce tout hellène de ses mouvements. Son père et sa mère n’ont donc aucune responsabilité, aucune part à une œuvre commune ; libre à eux de modeler leur union sur le roman ou la pièce la plus avancée de l’année. Le hareng femelle dit probablement au mâle : « Le vrai mariage doit être libéré des dogmes chers aux prêtres ; ce n’est qu’un moment délicieux. » Sans aucun doute, le hareng mâle dit-il à sa compagne : « Lorsque l’amour est mort, le mariage n’est que déraison dans le ménage ».

Lumière sur deux villes

1 réflexion sur « La modernité du hareng selon Chesterton (aphorisme de Chesterton, 344) »

  1. Voilà qui n’a pas pris une ride et qui prend du lustre avec le temps, notre époque en témoigne, par son côté humain, trop humain…humaniste et humanitariste!

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